Après la prêtrise catholique, la vie – Dominic Stockford

Il n’est pas facile pour moi de revenir sur ces longues années que j’ai passées dans l’Eglise catholique et dans la prêtrise, mais il le faut. Ces paroles de l’Apôtre Paul me donnent du courage : “Mais dans toutes ces choses nous sommes plus que vainqueurs par celui qui nous a aimés.” (Romains 8:37).

Mes parents s’étaient tous deux convertis au catholicisme en atteignant l’âge adulte. J’ai donc été catholique dès le berceau ; dans ma famille on s’acquittait scrupuleusement de tout ce que le Pape attend d’un catholique fidèle et loyal. Jamais on ne remettait ouvertement en cause le bien-fondé de ses déclarations, même si pour lui obéir l’un de nous s’exposait à de pénibles afflictions. Notre éducation catholique mettait tellement l’accent sur notre appartenance à notre dénomination que pour moi, en-dehors de cette dernière, il n’existait rien d’autre. Un de mes premiers souvenirs remonte à un certain dimanche où une amie de ma mère m’a emmené à l’église. Elle assistait aux offices d’une paroisse anglo-catholique. De retour à la maison, j’ai dit à mes parents : “Pourquoi estce que nous n’irions pas là, nous aussi ? C’est absolument pareil.” On ne m’a pas répondu, et ce n’est pas étonnant. Comment expliquer la différence à un gamin de huit ans ? Le plus clair de mon enfance et de ma jeunesse, je l’ai passé dans l’Eglise catholique et dans la prêtrise, mais maintenant je dis : “Grâces soient rendues à Dieu, qui nous fait toujours triompher en Christ, et qui répand par nous en tout lieu l’odeur de sa connaissance !” (2 Corinthiens 2:14).

Quand j’étais enfant, “vivre ma foi” consistait à faire mon devoir, c’est à dire aller à la Messe tous les dimanches, et donner un peu de mon argent de poche à la quête. Je garde aussi le souvenir d’une visite du prêtre, venu voir mon père alors que ce dernier était malade ; mais il ne l’a fait qu’une fois au cours des six années que nous avons passées dans cette paroisse. A notre domicile suivant, cela s’est produit une fois en quinze ans. Voilà qui montre, j’espère, ce qu’il en est du mythe selon lequel le clergé catholique prend soin de visiter régulièrement ses ouailles ! L’autre aspect de mon éducation concerne la vie scolaire. Toutes mes classes primaires, je les ai faites dans une école catholique. De treize à dix-huit ans, j’ai été élève à Downside School, un pensionnat catholique privé géré par des Bénédictins et situé à la campagne dans le comté de Somerset. Dans ces deux établissements-là, pratiquer sa foi voulait dire “faire tout comme il faut”. Les “bons catholiques” allaient à la Messe dominicale et à la Bénédiction du Saint-Sacrement le vendredi. Les “très bons catholiques” servaient la Messe ou chantaient dans la maîtrise. Les “mauvais catholiques” faisaient ce qui leur semblait tout naturel : par exemple, nous partions nous promener dans les collines environnantes, qu’il pleuve ou qu’il vente. On nous soumettait à des pressions incroyables pour nous faire entrer dans “le moule” et pour nous faire faire les “œuvres” prescrites. On demandait au professeurs de partir en voiture à la recherche de ceux qui voulaient “fuir leur devoir”. Les autres élèves traitaient les “mauvais catholiques” comme quantité négligeable, et signalaient même aux autorités ceux qui ne s’acquittaient pas de leurs obligations.

Il y a quand même eu des jours où nous avons bien ri : par exemple le jour où un autre “promeneur invétéré” et moi-même avons été les deux seuls “prefects” de tout l’établissement à assister à l’office. A la stupéfaction générale, nous avons dû marcher en tête de la procession à la sortie de l’église de l’Abbaye ! (Dans ces établissements, un “prefect” est un grand élève, responsable de la discipline.)

De la vie à Downside School, j’ai retenu l’idée que la foi doit avoir un caractère personnel, et c’est un aspect positif. Nous a-t-on inculqué cette pensée sciemment ou non ? Je ne sais, mais en tout cas elle m’a été fort utile par la suite. Pour un des examens de niveau dit “ordinaire” (le niveau normal pour des élèves de seize ans) nous avons étudié l’Evangile de Marc. Mon souvenir de ces cours est un peu flou à présent, mais ils ne reflétaient pas l’herméneutique critique si chère à l’Eglise catholique ; on nous avait encouragés, au contraire, à retenir le contenu de cet Evangile. Pendant toutes mes années dans l’Eglise catholique, plus jamais on ne m’a poussé à faire ce genre de lecture toute simple ! La doctrine qu’on nous enseignait était celle de l’Eglise catholique dans toute sa gloire anti-biblique, mais quand je suis parti, j’avais quand même compris quelque chose d’extraordinaire :

on pouvait parler à Dieu, et l’Ecriture contenait des vérités. J’étais toujours catholique bon teint, cependant.

Je comprends ceux qui ont du mal à croire qu’il puisse en être ainsi, surtout s’ils n’ont jamais été catholiques. La raison de cet état de choses est pourtant simple : être catholique, c’est un peu comme être juif. Cela n’implique pas seulement une foi religieuse, mais encore tout un mode de vie. Au cours de ma jeunesse, j’étais immergé dedans, et jamais il ne me serait venu à l’idée qu’on pouvait penser différemment. En classe nous avions bien étudié l’histoire de la Réforme et de la ContreRéforme en Europe, mais je ne me doutais pas que dans mon pays, en Grande-Bretagne, certains ne pensaient pas comme les Catholiques. A dessein ou non, on m’a élevé dans l’idée que les dénominations de ce pays ne différaient que par leur style et leur abord extérieur.

Appelé à servir

Jamais je n’aurais cru que je serais appelé à servir Dieu en tant que “ministre ordonné”, et moins encore qu’un jour, je m’approcherais de Lui dans la simplicité de la repentance et de la foi. Je ne concevais la fidélité qu’en termes catholiques, et appartenir à l’Eglise voulait dire accomplir des œuvres : être assidu à la Messe tous les dimanches, et bien se conduire. Lorsqu’à seize ans j’ai reçu ce que j’ai pris pour un appel très clair à m’engager dans le ministère au service de Dieu, il était inconcevable pour moi de Le servir ailleurs que dans l’Eglise catholique romaine : c’était la seule église que je connaissais. Le souvenir de cet appel de Dieu s’est gravé de manière indélébile dans mon esprit lorsque le lendemain j’ai appris la mort du Pape Paul VI.

J’ai réagi à cet appel en m’efforçant de tout bien faire comme il faut. J’ai participé à ce qu’on appelait des “rencontres de sélection” organisées par le Diocèse catholique de Plymouth : nous avions des entretiens avec divers prêtres qui évaluaient nos capacités en vue d’un éventuel ministère. Je lisais des ouvrages en rapport avec ma vocation, et je cultivais l’amitié du prêtre de notre paroisse. Je prenais part régulièrement à un “sacrement” que je ne comprenais pas, et qui me faisait constamment horreur, la confession auriculaire ; j’assistais à d’autres offices que la Messe, par exemple à la “Bénédiction du Saint-Sacrement”, au “Chemin de Croix”, et à la récitation du chapelet. Aucune de ces pratiques ne m’apportait de lumière spirituelle ; j’avais le cœur de plus en plus lourd. Par la suite, j’ai découvert que Luther avait eu beau essayer de pratiquer toutes ces choses pour se rapprocher de Dieu, son fardeau ne faisait que s’alourdir. Moi aussi, je trouvais tout cela lassant et stérile. Seul le Chemin de Croix avait un sens à mes yeux, car je comprenais bien comment Jésus avait marché vers Sa mort sur le Calvaire : mais la liturgie catholique insistait sur des éléments étrangers à la Bible, rajoutés ultérieurement. Ces éléments-là ont détruit, chez moi, tout désir d’en apprendre davantage et de prendre le temps de méditer sur la Croix. La participation à ces activités me pesait ; plus tard, j’ai trouvé tout aussi pesant d’avoir à les présider. J’en étais arrivé à prendre en horreur le culte rendu à Dieu, à cause de ces activités-là !

Rétrospectivement, je vois maintenant que toute ma vie j’ai lutté contre les doctrines non bibliques et les pratiques cultuelles de l’Eglise catholique. Si à cette époque-là la Parole de Dieu était parvenue jusqu’à moi, je serais parti tout de suite ; mais j’avais le catholicisme “dans le sang”, il était mon mode de vie, et je n’avais pas encore entendu la Parole de Dieu. Tout s’est passé comme si Dieu m’avait tendu la main tout au long de ma vie d’enfant et de jeune adulte ; mais les brumes et les brouillards des doctrines catholiques m’ont caché cette main. En effet, j’étais endoctriné.

La formation

L’Evêque de Plymouth a retenu ma candidature à la prêtrise catholique. Il a été décidé qu’en 1980, j’entrerais au Séminaire pour commencer ma formation. Je suis arrivé au Séminaire St. John près de Guildford dans le comté de Surrey au début du mois de septembre 1980. Je n’ai guère de doute maintenant : il n’était pas dans la volonté de Dieu que je commence cette formation à l’âge de dixhuit ans et quinze jours. Je n’étais encore qu’un enfant, mais l’Eglise catholique m’a accepté ! Au début, j’ai trouvé que c’était une expérience atroce. Je ne connaissais qu’un seul autre séminariste ; il était de Plymouth et avait, lui aussi, dix-huit ans. Nous étions aussi immatures l’un que l’autre. Il m’a fallu trois jours pour découvrir où se trouvait la chapelle, parce que personne ne s’était soucié de me la montrer. En revanche, on n’avait pas cessé de me rabâcher le chemin de la bibliothèque, et l’importance capitale de cette dernière !

Mon expérience du Séminaire se limite aux cours, aux examens, et à la recherche de données. On ne nous a jamais vraiment encouragés à être spirituels. Un séminariste qui ne réussissait pas bien a été prié de partir, et je me rappelle la remarque d’un de mes amis à son propos : “Quand je me compare à lui sur le plan spirituel, je trouve que ma spiritualité ne remplirait même pas le fond d’un dé à coudre.” On avait l’impression que l’essentiel était de montrer de quelles performances nous étions capables, et de poser des actes attestant de notre aptitude à être prêtres catholiques. J’ai collectionné les “bons points” en étant sacristain pendant plusieurs années, en me montrant compétent pour préparer tous les ornements liturgiques et les objets indispensables aux divers rituels et aux cérémonies qui jouent un rôle capital dans l’Eglise catholique. C’était comme si on avait déformé les paroles de Jacques, lui faisant dire, au chapitre 2, verset 14 et suivants : “La foi est sans importance aucune. Ce que compte, ce sont les œuvres des séminaristes !”

Personne ne s’est jamais préoccupé de savoir où en était notre foi, ni de vérifier si nous étions capables de fonder un raisonnement quelconque sur les Ecritures. Des conférences nous apportaient des informations ; c’était, disait-on, l’enseignement de l’Eglise catholique ; et si jamais l’un de nous n’était pas d’accord, la porte était grande ouverte ! Jamais il n’y avait de discussions. Jamais on ne nous a encouragés à ouvrir la Bible pendant les sermons que nous entendions à la chapelle. Les conférences sur l’Ecriture nous exposaient les diverses théories qui dissèquent la Parole et attribuent à un même livre de nombreux auteurs différents ayant écrit à des époques très différentes. On faisait souvent référence à Bultmann, le théologien qui “démythifie” la Bible et nie que les miracles du Nouveau Testament soient d’origine divine. Jamais nous n’avons entendu dire que l’Ecriture pouvait être véridique, et moins encore qu’elle était la révélation infaillible de Dieu. On aurait dit que jamais Paul n’avait écrit à Timothée : “Toute Ecriture est inspirée de Dieu et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice, afin que l’homme de Dieu soit accompli et propre à toute bonne œuvre.” (2 Timothée 3:16-17).

Ces années de Séminaire ne m’ont nullement aidé à m’approcher de Dieu ; et pour être tout à fait franc, je dois dire qu’au bout de deux ans j’ai renoncé à essayer. Loin d’être une occasion d’étudier en profondeur la Parole de Dieu, le Séminaire était comme un obstacle à franchir avant de commencer le travail proprement dit, c’est à dire le ministère en paroisse. Je n’ai reçu aucune formation pastorale ; rien ne m’a préparé à être “berger”, serviteur, ou prédicateur ; il s’agissait plutôt d’apprendre à bien jouer un rôle et à être un administrateur efficace. Au cours des deux premières années, il y aurait pourtant eu des occasions de nous apprendre à annoncer l’Evangile, surtout lors d’une “Journée de la Jeunesse” organisée au Séminaire des Diocèses d’Arundel et de Brighton. On aurait pu trouver là une ouverture pour enseigner les vérités scripturaires : mais nous en avons fait un champ de bataille. Au cours de la Messe de clôture, des séminaristes qui voyaient d’un mauvais œil l’introduction de musique “moderne” sont allés s’agenouiller dans la galerie de l’orgue pour réciter le chapelet pendant que la célébration se déroulait en bas. Ce jour-là, on avait utilisé du pain ordinaire et non des hosties pour la communion pendant la Messe ; alors pour faire bonne mesure, quand ils sont redescendus après l’office, ils se sont mis à quatre pattes et ont fureté partout pour voir si personne n’avait laissé tomber sur le sol quelque miette. Dieu inspire-t-Il des comportements de ce genre ? Est-ce de l’amour ? Quand j’y pense, je me demande comment des hommes qui se préparaient à servir Dieu ont ainsi pu passer à côté de ces paroles de Jean : “Nous savons que nous sommes passés de la mort à la vie, parce que nous aimons les frères.” (1 Jean 3:14).

Le plus effrayant, pourtant, c’est la manière dont on enseigne dans le catholicisme. Par exemple, quand nous avons étudié la doctrine de l’Eucharistie, et la doctrine anti-biblique de la transsubstantiation, le cours s’appuyait sur la philosophie et non sur la Bible ; d’ailleurs, dans ma promotion, la plupart d’entre nous n’avons pas réussi à comprendre le contenu de cet enseignement. Personne ne voyait que la philosophie est une construction humaine étrangère à la Parole de Dieu, qui dit : “Car mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos voies ne sont pas mes voies, dit l’Eternel.” (Esaïe 55:8).

Des “cobayes” consentants nous ont permis de faire des travaux pratiques sur la confession, mais tout au long de ces cinq années, jamais je n’ai eu l’occasion d’apprendre à prêcher, même dans le cadre d’un simple entraînement. Nous n’avons jamais cherché à savoir pourquoi, au juste, nous disions aux gens qu’ils ne pouvaient pas se confesser directement à Dieu, ni pourquoi nous leur cachions le fait que Dieu seul peut pardonner les péchés. Non, abusant allègrement d’un verset de l’Evangile de Jean (chapitre 20, verset 23), nous nous entraînions à devenir des murs séparant les hommes d’avec Dieu. Nous aurions tout aussi bien pu expurger de l’Epître aux Romains ces versets de Paul :“Car il est mort, et c’est pour le péché qu’il est mort une fois pour toutes ; il est revenu à la vie, et c’est pour Dieu qu’il vit. Ainsi vous-mêmes, regardez-vous comme morts au péché, et comme vivants pour Dieu en Jésus-Christ.” (Romains 6:10-11). On passait sous silence aussi ces paroles de l’Epître aux Hébreux : “[Jésus] n’a pas besoin, comme les souverains sacrificateurs, d’offrir chaque jour des sacrifices, d’abord pour ses propres péchés, ensuite pour ceux du peuple, car ceci il l’a fait une fois pour toutes en s’offrant lui-même.” (Hébreux 7:27). La Parole de Dieu n’était pas écoutée : ne comptaient que les déclarations et les lois de l’Eglise catholique.

Cette attitude vis à vis de la Bible affectait aussi nos relations aux autres chrétiens. Une dame âgée, que nous aimions bien, venait nous donner des cours de technique vocale. Elle est décédée quand j’étais en troisième ou en quatrième année. Quelques-uns d’entre nous sommes allés à son enterrement dans la paroisse anglicane toute proche. A notre retour, au lieu de se réjouir dans le Seigneur qui nous a fait de si grandes promesses, certains se lamentaient sur les tendances fâcheusement évangéliques de cette pauvre paroisse, où on n’allumait même pas de cierges ! La Parole de Dieu avait bien été annoncée, mais ils ne l’avaient pas entendue : la seule chose qu’ils avaient remarquée, c’est que tout n’avait pas été fait “dans les règles”. Une catholique est venue un jour nous parler de sa vie en tant qu’épouse d’un pasteur anglican. Dans les échanges qui ont suivi, personne n’a dit mot des difficultés qu’ils devaient connaître sur le plan doctrinal, mais on a réprimandé cette dame parce qu’un dimanche sur deux, elle allait à l’église où son mari était pasteur, au lieu d’être assidue à la Messe chaque semaine.

Un jour j’ai failli voir l’Eglise catholique sous son vrai jour (c’est à dire comme une organisation temporelle, ayant des visées temporelles derrière une façade religieuse) lors du départ d’un séminariste. Après son ordination diaconale il avait, par la grâce de Dieu, commencé à se poser des questions sur la transsubstantiation. Il avait relevé des passages de la Bible infirmant l’enseignement catholique, et démontré que les cours de ses professeurs ne cadraient pas avec les Ecritures. Faut-il s’étonner de la suite ? Deux jours après, on l’avait déjà mis à la porte, vraisemblablement pour que les autres séminaristes soient préservés d’un double péril, c’est à dire des Ecritures et du SaintEsprit. Certains séminaristes n’en croyaient pas leurs oreilles, et ils se sont gendarmés ; mais c’était contre lui qu’ils en avaient, et non contre le traitement dont il avait été l’objet ! Quant à moi, j’aurais voulu parler avec lui, mais je n’ai pas pu, parce qu’on l’a fait partir si vite. J’avais de la peine et j’éprouvais de la sympathie pour lui, n’ayant jamais moi-même vraiment cru à la transsubstantiation. J’espère que cet homme courageux et fidèle au Seigneur a pu annoncer aux autres la Parole de Dieu telle qu’il l’avait découverte, et je prie pour cela. Cet incident, et aussi la dignité avec laquelle il s’est comporté ont failli faire une brèche dans mon “mode de vie catholique” et dans l’emprise qu’avait le catholicisme sur moi. Mais je n’ai pas vu la vérité à ce moment-là ; aujourd’hui encore mon cœur se serre quand j’y pense. Ces paroles d’Esaïe, reprises par Jésus, s’appliquaient à moi comme aux autres: “Ce peuple m’honore des lèvres, mais son cœur est éloigné de moi. C’est en vain qu’ils m’honorent, en enseignant des préceptes qui ne sont que des commandements d’hommes.” (Matthieu 15:8-9). Elles s’appliquent, hélas, à beaucoup de personnes égarées par les artifices de Rome. Qu’on me comprenne bien : je ne condamne ici aucun de ces individus égarés, mais la dénomination catholique romaine qui promulgue ses doctrines erronées et anti-bibliques en toute connaissance de cause.

Dans le ministère

J’ai servi comme diacre pendant un an, et comme prêtre pendant près de sept ans dans plusieurs paroisses des comtés de Dorset et de Devon. J’y ai rencontré beaucoup de gens merveilleux ; la plupart étaient fourvoyés dans les doctrines anti-bibliques qu’on leur avait imposées. L’année de mon diaconat* s’est passée à Paignton, sur la côte du comté de Devon. C’est une station balnéaire sur la “riviera anglaise”. Quand les estivants arrivent, il faut augmenter le nombre des messes dominicales. C’est là qu’a commencé la lutte qui s’est prolongée tout au long de ma prêtrise. Je n’ai pu l’analyser clairement qu’après mon départ de l’Eglise romaine, mais elle tenait au désaccord entre mes convictions personnelles et mes devoirs de prêtre.

A Paignton deux tâches m’incombaient en particulier : participer à la Messe le dimanche et en semaine, et apporter la communion aux malades qui ne pouvaient y assister. En tant que diacre j’avais “le droit” de baptiser ; on m’a donc confié la plupart des baptêmes, qui se déroulaient le dimanche après-midi, loin de tout grand rassemblement. Déjà je commençais à voir que cette routine-là ne permettait pas de propager l’Evangile. Elle me laissait insatisfait, car tout cela semblait stérile. A un moment donné on m’a demandé d’enseigner le catéchisme à deux enfants qui venaient d’être inscrits à l’école paroissiale. L’un avait neuf ans, et l’autre, six. J’ai fini par dire que je ne voyais aucune raison de les baptiser, car ils n’avaient pas le moindre concept de Dieu et n’acceptaient pas mon catéchisme ; mais alors la religieuse qui dirigeait cette école s’est fâchée, disant qu’on les avait accueillis dans son établissement sous condition expresse qu’ils recevraient le baptême catholique (personne n’a parlé de baptême chrétien !). Personne ne se préoccupait de leur foi, ni de les aider à s’approcher de Dieu : l’unique souci était de “faire les choses dans les règles” pour pouvoir les déclarer catholiques.

Je ne comprenais pas, et ce fut un élément de plus qui contribua à m’éloigner de Rome. J’ai également eu des difficultés à plusieurs reprises avec le curé de la paroisse. Son attitude et son comportement me mettaient particulièrement mal à l’aise. Parfois il m’humiliait publiquement pendant les offices. Je n’ai donc pas été trop surpris d’apprendre par la suite qu’il avait été condamné pour pédophilie, y compris pour des attentats qui remontaient à cette année-là. Le système de gouvernement de la paroisse catholique avait découragé (et même bloqué) toute tentative de confier mon souci à qui que ce soit. Notre formation ne comprenait aucune préparation à ce genre de situation, et elle passait sous silence notre devoir concernant la sécurité physique des enfants et des adultes dont nous avions la charge. D’ailleurs, même si j’avais été en souci pour d’autres que moi, et si j’avais alors eu connaissance du comportement immoral de ce curé, je n’aurais su que faire et je ne vois pas vers qui j’aurais pu aller. Pire encore, je n’avais pas la connaissance des Ecritures qui pouvaient me guider. Même les recommandations de Paul à Timothée m’auraient aidé, si on m’avait dit que l’Ecriture est la révélation de Dieu, le guide que Dieu nous donne : “Toute Ecriture est inspirée de Dieu et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice, afin que l’homme de Dieu soit accompli et propre à toute bonne œuvre.” (2 Timothée 3:16). J’étais comme seul au monde et désarmé, sans le soutien de Dieu et de Sa Parole pour m’aider à traverser ces temps si difficiles. Si seulement j’avais su ce que Paul enseignait aux Ephésiens, j’aurais peut-être pu faire l’œuvre de Dieu, ou du moins comprendre ce qu’elle devrait être !

“C’est pourquoi, prenez toutes les armes de Dieu, afin de pouvoir résister dans le mauvais jour et tenir ferme après avoir tout surmonté. Tenez donc ferme : ayez à vos reins la vérité pour ceinture ; revêtez la cuirasse de la justice ; mettez pour chaussures à vos pieds le zèle que donne l’Evangile de paix ; prenez par-dessus tout cela le bouclier de la foi, avec lequel vous pourrez éteindre tous les traits enflammés du malin ; prenez aussi le casque du salut et l’épée de l’Esprit, qui est la parole de Dieu. Faites en tout temps par l’Esprit toutes sortes de prières et de supplications. Veillez à cela avec une entière persévérance, et priez pour tous les saints.” (Ephésiens 6:13-18).

A bien des égards, cette expérience s’est prolongée dans toutes les paroisses où j’ai servi. Sur le plan humain, partout j’ai rencontré des personnes merveilleuses ; mais personne ne m’a jamais guidé vers les Ecritures, ni ne m’a encouragé à y chercher le chemin du salut, ainsi que les préceptes qui nous montrent comment vivre dans le monde présent. J’ai passé trois ans à Poole dans le comté de Dorset, puis, rongé par les doutes et les problèmes, j’ai demandé à être muté. Souvent je déambulais longuement à l’intérieur de l’église, arpentant la nef, suppliant Dieu de me montrer la solution de mes problèmes, mais apparemment Il gardait le silence. C’est qu’Il m’avait déjà répondu, et il aurait suffi que j’ouvre Sa Parole pour trouver cette réponse. J’ai été muté à la Cathédrale de Plymouth, où j’ai beaucoup souffert de la part de l’Administrateur, pour qui en toute situation seule la performance comptait.

Ses critiques et ses brimades m’ont poussé à fuir l’Eglise catholique, mais ne sachant où me tourner pour résoudre le problème, je suis revenu au bout de quelques semaines. J’ai d’abord accepté l’hospitalité d’un paroissien qui m’avait soutenu, puis je suis allé faire une retraite à l’Abbaye de Downside. Là, j’ai reçu de l’aide et le Père Abbé m’a accordé de son temps, mais à la fin de mon séjour, je n’avais toujours pas appris à examiner une situation à la lumière des Ecritures. Le critère de mon retour à la “santé spirituelle” a été la capacité retrouvée de célébrer les rituels romains. Je suis revenu à la Cathédrale, et là, les brimades jointes aux critiques ont fortifié ma détermination, mais non ma connaissance de la vérité.

Quelque temps plus tard, l’Administrateur a eu de graves problèmes qu’on peut imputer à sa dureté. Il a été muté en Cornouaille. Etant le seul autre prêtre actif à la Cathédrale, j’ai dû assurer la suppléance. Il y avait également un prêtre retraité qui avait dépassé les quatre-vingts ans, et un autre, plus âgé encore, alcoolique, qui était aumônier à l’hôpital. Une de mes premières décisions révélait mon attitude profonde, encore en partie inconsciente, vis à vis de l’Eglise catholique et de ses doctrines. Le mercredi à six heures du matin, il y avait une Messe à laquelle seules deux personnes assistaient, et l’une d’elles revenait à une autre Messe plus tard le même jour. J’ai fait savoir à mes deux collègues que cette Messe serait désormais supprimée (n’en déplaise à la doctrine romaine, je n’avais jamais cru que plus on “faisait” de ces choses, mieux cela valait.). Mes deux collègues se sont plaints ; je leur ai donc demandé lequel des deux dirait cette Messe ; ce ne serait pas moi, en tout cas ! Inutile de dire que ni l’un ni l’autre ne s’est proposé. Le problème était que le nombre des Messes quotidiennes dans la paroisse était réduit à cinq ! Si seulement j’avais connu alors l’Epître aux Hébreux, ou si quelqu’un m’en avait parlé ! Elle aurait mis fin à la confusion qui régnait en moi, et elle m’aurait montré certaines erreurs au cœur même de l’Eglise catholique : “Et tandis que tout sacrificateur fait chaque jour le service et offre souvent les mêmes sacrifices, qui ne peuvent jamais ôter les péchés, lui, après avoir offert un seul sacrifice pour les péchés, s’est assis pour toujours à la droite de Dieu ; il attend désormais que ses ennemis soient devenus son marchepied. Car, par une seule offrande, il a amené à la perfection pour toujours ceux qui sont sanctifiés.” (Hébreux 10:11-14). Le lecteur ne sera sans doute pas surpris d’apprendre qu’on nous avait toujours donné l’impression (et même enseigné) que cette Epître au Hébreux était peu fiable et peu importante. Rien d’étonnant à cela ! Si on ne veut pas que les gens apprennent la vérité, la meilleure stratégie est de leur apprendre à en avoir peur. Ironiquement, ce passage-là figure dans le lectionnaire romain au trente-troisième dimanche de l’année B. Le trente-troisième dimanche de l’année ne revient pas souvent, et même si on le lit, je crains bien que la vérité de ce texte ne passe inaperçue. Pourtant Dieu a permis qu’il soit dans le lectionnaire, et on peut donc espérer que des membres du clergé le verront, l’étudieront, et en feront un sujet de prédication. Il est vrai que dans l’Eglise catholique on ne prêche guère sur l’Ecriture proprement dite, mais plutôt sur un thème qu’on peut associer au passage du jour, ou bien sur un “thème du jour”, par exemple le mariage, ou bien la doctrine romaine.

Le départ approche

En quittant la Cathédrale, j’ai été nommé dans une petite paroisse sur la périphérie de la ville de Plymouth. Très peu de gens fréquentaient l’église, et pourtant la paroisse était vaste et très peuplée. C’est là, à St Thomas More, que pour la première fois j’ai eu l’entière responsabilité d’une paroisse, et que j’ai pu m’engager dans une réflexion autonome, agissant en accord avec ma propre conscience, même si pour moi mon “Directeur de Conscience”, le Saint-Esprit, était encore un inconnu.

En l’espace de trois années, j’ai apporté plusieurs changements dans cette église, aussi bien en ce qui concerne les lieux que les activités et les offices. Je ne pratiquais pas la confession auriculaire, sauf “sur demande”. Soyons francs : combien vont venir frapper au presbytère pour demander à se confesser ? J’avais modifié l’aspect intérieur, jusque là typiquement romain : l’église ressemblait davantage, maintenant, aux lieux de culte des autres dénominations. J’ai descendu l’autel (oui, c’était bien un autel encore, et non une table) de sa position élevée et je l’ai simplifié. Le lutrin de bois qui était coincé contre un mur a été remplacé par un lutrin de pierre en position nettement plus élevée et plus près du centre de l’église. La statue idolâtre de Marie, mère de Jésus, n’a pas été laissée face à l’assemblée, mais placée dans le vestibule. Le tabernacle a été ôté de sa place centrale et mis dans une chapelle latérale. Les couleurs des vêtements liturgiques et des ornements doivent changer selon les fêtes et les saisons, mais je ne tenais rarement compte de ces obligations-là.

Un autre élément important a changé aussi. Il est resté conforme à la liturgie romaine, mais dans la plupart des paroisses de par le monde, on ne pense pas à cette possibilité, et on se sert d’un crucifix dans la liturgie du vendredi saint pour “l’Adoration de la Croix”. Remarquez bien qu’il est question d’une croix ; bien sûr, c’est encore là un concept idolâtre, mais rien n’oblige à utiliser un crucifix. Cependant, dans la plupart des cas, c’est ce qui se fait. Je n’ai pas voulu d’un crucifix, et j’ai fait une simple croix pour cette cérémonie. Même à cette époque-là, je ne pouvais pas me faire à l’idée de voir les gens venir baiser les pieds d’une forme humaine sur un crucifix. Beaucoup ont été mécontents de voir leur rituel ainsi modifié ; les commentaires sont allés bon train, et certains sont venus se plaindre. On s’est plaint aussi des changements apportés à la disposition des lieux. Il n’empêche que le nombre des participants n’a cessé de croître, ce qui ne pouvait venir que du Seigneur Lui-même. “Car je n’oserais pas mentionner une chose si Christ ne l’avait faite par moi…” (Romains 15:18).

Je ne dirai qu’une chose encore à propos de cette paroisse de Plymouth. Pour moi, c’est le plus étonnant ; cela m’encourage à penser que Dieu se sert de nous dans Son œuvre même quand nous ne Le connaissons pas. J’ai retrouvé les notes de certains sermons prêchés au cours de ces trois années. A ma stupéfaction, malgré leur maigreur extrême et ma compréhension imparfaite des passages en question, le Saint-Esprit m’avait conduit à prêcher sur l’Ecriture ! “Car le Saint-Esprit vous enseignera à l’heure même ce qu’il faudra dire.” (Luc 12:12).

Rétrospectivement, je comprends aujourd’hui pourquoi mon ministère a été, là aussi, une lutte. Malgré ces quelques signes montrant que Dieu me conduisait dans une autre direction, je n’avais encore aucune idée des vrais problèmes qui sont au cœur même de l’Eglise romaine. Au cours de ces trois années, mon malaise allait croissant ; je me demandais pourquoi je me sentais encore insatisfait, malgré l’augmentation des effectifs, et malgré ma “réussite”. Il y avait encore comme un grand vide au fond de tout ce que j’accomplissais. Je ne trouvais toujours pas dans l’Eglise catholique la moindre présence de cette puissance de Dieu dont je parlais à mes paroissiens. J’étais une sorte de “sépulcre blanchi” ; extérieurement, j’avais les apparences de la piété, mais au-dedans, j’étais tout rongé par le péché et la culpabilité. Dans tout ce que je faisais, je manquais d’assurance ; et plus je faisais tout ce qu’on me prescrivait, plus mes doutes s’intensifiaient. “Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! parce que vous ressemblez à des sépulcres blanchis, qui paraissent beaux au-dehors, et qui, au-dedans, sont pleins d’ossements de morts et de toute espèce d’impuretés.” (Matthieu 23:27).

L’heure du départ

Dans ma quête de la vérité, j’étais rongé par le doute, et c’est pourquoi j’ai décidé de quitter l’Eglise catholique. Au cours de divers entretiens avec des paroissiens, j’avais été amené à leur donner, en toute douceur, des conseils du genre : “Si les choses en sont vraiment arrivées là, alors il ne faut pas rester dans cette situation.” Par la suite, après une journée particulièrement dure, j’ai appliqué ce conseil à moi-même. L’Eglise Catholique Romaine m’avait prescrit de faire toutes ces choses, et je les avais faites. Pourtant, j’étais encore à la recherche de Dieu. Comment était-ce possible, si tout ce que je faisais était juste ? C’est pourquoi j’ai décidé de partir. Je n’avais pas encore trouvé Dieu, mais Il m’avait trouvé, Lui, et je ne pouvais plus résister à Son appel ! “Car le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu.” (Luc 19:10).

Sans doute d’autres vous diront-ils à quel point il est difficile de quitter l’Eglise catholique, et mon cas n’a pas fait exception. Quand je suis allé trouver l’Evêque pour lui faire part de ma décision, j’ai pris soin de me faire accompagner par un prêtre ami qui me comprenait. Cette précaution s’est avérée capitale, parce que pour l’essentiel, l’Evêque m’a dit que j’étais devenu fou, et qu’il fallait m’envoyer dans une de ces institutions religieuses où on “remet d’aplomb” ceux qui ont déraillé. Si j’étais allé le trouver seul, peut-être qu’à force de m’enjôler puis de me menacer, il aurait réussi à me faire céder, mais il n’en a pas été ainsi, et je rends grâces à Dieu de m’avoir montré comment m’y prendre. J’ai quitté les lieux dans les cinq jours, et j’ai laissé une lettre d’adieu en demandant qu’on la lise aux paroissiens. Je me demande si cela a été fait : peut-être a-t-on eu peur qu’elle ne leur donne de “mauvaises idées”.

Le diocèse ne m’a donné qu’une chose, la caution nécessaire pour louer une petite chambre en ville. Personne ne m’a aidé, personne ne m’a conseillé ni remercié pour mes sept années de services. Pendant à peu près douze mois j’ai erré d’un côté et de l’autre, sans église, sans comprendre où ni comment je pourrais trouver la vérité. Si je n’avais pas “touché le fond”, je serais encore à la dérive aujourd’hui.

Je rencontre le Seigneur

Le seul contact qui me restait, c’était un club de rugby. Une amitié bien imprudente avec un autre membre du club m’a valu d’avoir des ennuis avec la police. Ce fut, certes, une expérience désagréable à bien des égards ; mais à plusieurs reprises je me suis retrouvé dans une situation qui ne pouvait pas être l’effet d’un simple hasard, et cela m’a poussé à chercher Dieu. Le premier avocat commis d’office pour ma défense était chrétien, et il ne craignait pas de le montrer. Un autre avocat était également chrétien. Le psychologue dont l’expertise a fait ressortir auprès du tribunal que j’étais désorienté et déprimé était chrétien aussi. Le juge qui a promulgué la sentence était chrétien. Tous, sans exception, m’ont compris et m’ont apporté un soutien dans cette mauvaise passe. J’ai donc voulu en savoir davantage, non seulement sur la cause de leur attitude, mais sur la raison pour laquelle Dieu les avait mis sur mon chemin. J’ai commencé à fréquenter plusieurs églises des environs, pour tenter de mieux comprendre. “Et moi, je vous dis : Demandez, et l’on vous donnera ; cherchez, et vous trouverez ; frappez, et l’on vous ouvrira.” (Luc 11:9).

Dans les premières églises où je suis allé, je n’ai pas “accroché”. Il y manquait quelque chose, et pourtant elles étaient évangéliques. Je n’ai pas trouvé d’aide ni de solution dans les messages que j’y entendais. Je m’étais inscrit à l’Université cinq mois après avoir quitté la prêtrise. En deuxième année, j’ai trouvé un emploi. Suite à une conversation dans le cadre de ce travail, je suis allé dans la paroisse de St. Andrew en plein centre de Plymouth. Bien que ce soit une église anglicane, elle adhère à l’Association “Reform”, et elle est résolument évangélique. J’ai été attiré par la sobriété du culte, et aussi par la clarté des messages bibliques. J’ai commencé à y aller régulièrement. A Exeter, j’allais aussi dans une paroisse anglicane de même tendance, St. Leonard. On y prêchait la Bible, et cette prédication trouvait en moi un écho.

Je savais que j’avais “trouvé la réponse” dans les Ecritures, et pourtant je n’avais pas encore rencontré le Christ. Cette rencontre a eu lieu en 1995, en deux occasions fort différentes mais très rapprochées dans le temps.

La première fois, ce fut au cours d’une promenade avec Gérardine, dont j’avais fait la connaissance au cours de Sciences Sociales à l’Université. (Gérardine est aujourd’hui ma femme.) Nous étions allés nous promener sur la lande de Dartmoor, où nous avons parlé de la foi et de questions qui s’y rattachent. Fait significatif, ma toute première conversation avec Gérardine a commencé à propos d’un symbole “Ichtus” apposé à l’arrière de sa voiture. A partir de là, nous avons eu des échanges de plus en plus profonds sur un grand nombre de sujets. Avant notre mariage en 1996, et aussi par la suite, nous sommes bien souvent allés nous promener sur la lande. Ce jour-là, j’ai commencé à soulever des questions qui m’avaient constamment troublé alors que j’étais prêtre catholique : la doctrine de l’Eucharistie, la confession auriculaire, le célibat obligatoire, et beaucoup d’autres points encore. Non seulement j’ai pu aborder ces questions, mais j’ai également pu rejeter loin de moi tout ce qui était erroné et contraire à la Bible. J’ai pu rejeter la fausse sécurité psychologique que ces choses procurent. J’avais le sentiment d’être libéré : prenant appui sur les Ecritures, j’ai pu rompre avec toutes ces choses après avoir évoqué les arguments humains servant à les justifier. Pour la première fois, j’ai vu en toute clarté le caractère franchement idolâtre de la “Bénédiction du Saint Sacrement”, du chapelet, et de la théologie mariale catholique. Cette après-midi-là, je m’en souviens, j’ai bien compris que les raisonnements humains et les pensées humaines étaient impuissants à nous conduire à Dieu et au salut. “Il n’y a ni sagesse, ni intelligence, ni conseil en face de l’Eternel.” (Proverbes 21:30). Béni soit le Seigneur qui m’a donné de Sa sagesse, la seule qui permette de parvenir au salut.

A ce moment-là, je ne savais toujours pas où se trouvait toute la vérité, mais j’allais bientôt le découvrir. J’étais cependant entré dans une liberté nouvelle vis à vis de Rome et des devoirs impies qu’au mépris de la Bible elle impose à ses adhérents.

Le jour où la lumière est venue

Peu après cette promenade, nous sommes allés faire un séjour chez le frère de Géraldine, un pasteur anglican évangélique. Ce dimanche-là, c’était le culte de clôture du “Club Vacances” pour les enfants de la paroisse. C’était carrément un culte d’évangélisation, destiné à ceux des parents qui avaient amené leurs enfants sans être eux-mêmes convertis. Je ne me rappelle pas tous les détails de la prédication, mais il était question du besoin que nous avons tous de laisser Jésus entrer dans notre vie, et du salut que Jésus a accompli sur la croix. A la fin, le prédicateur a invité tous ceux qui voulaient livrer leur vie au Seigneur à s’unir (en silence) à la prière qu’il allait faire, en rejetant la vie de péché, et en s’engageant envers Jésus-Christ, le seul Sauveur. Je me suis uni à sa prière : elle m’attirait irrésistiblement. Il ne s’est rien passé d’extraordinaire, et je n’ai éprouvé aucune émotion intense, mais dès lors, quelque chose a changé dans ma vie.

La semaine suivante, nous sommes allés au culte à Exeter. Au moment où nous avons entonné un chant, j’ai été comme immergé dans la réalité de mon salut. Les paroles du chant m’allaient droit au cœur :

“Son amour est plus pur et plus blanc que la neige ;

De toute ma honte, il m’a délivré ;   Cet amour a payé le prix de ma rançon ;  O Jésus, quel amour.

…cet amour, maintenant source de vie pour moi,  O Jésus, quel amour.

Alors j’ai réellement vu que mes péchés avaient été pardonnés grâce à Sa mort sur la croix. J’ai compris que tout au long de ces années où j’avais entendu dire, dans l’église catholique, que je devais travailler pour mériter ce pardon en faisant mes propres œuvres, en posant des actes, et en participant aux prétendus sacrements de cette Eglise, j’avais été dans l’illusion. “Néanmoins, sachant que ce n’est pas par les œuvres de la loi que l’homme est justifié, mais par la foi en Jésus-Christ, nous aussi nous avons cru en Jésus-Christ, afin d’être justifiés par la foi en Christ, et non par les œuvres de la loi, parce que personne ne sera justifié par les œuvres de la loi.” (Galates 2:16). Pendant plusieurs semaines d’affilée, j’ai passé tout le culte à verser des larmes ; non des larmes de souffrance, de deuil ou de colère, mais des larmes de soulagement et de joie, parce qu’enfin je comprenais et recevais les paroles de Jésus qui nous dit : “Moi, je suis le chemin, la vérité et la vie. Nul ne vient au Père que par moi.” (Jean 14:6).

Un appel, du plus profond de mon cœur

Aujourd’hui, je suis serviteur de l’Evangile dans la “Free Church of England” (Eglise Libre d’Angleterre). C’est une petite dénomination réformée, à caractère liturgique et par-dessus tout, évangélique. Je prêche l’Evangile et j’enseigne qu’il est la seule source de foi pour le chrétien et la seule norme pour la conduite de la vie. Je cherche à en aider d’autres à comprendre que nous ne pouvons recevoir le salut que par la grâce de Dieu, et que dans cette grâce, sous sommes purifiés par le sang de l’Agneau de Dieu, Jésus-Christ. Le Seigneur m’a béni ; je sais que Jésus-Christ est mon Sauveur, je me repens de mes péchés, et je me repose sur Sa miséricorde. Cher lecteur, si vous n’êtes pas encore entré dans cette grâce, si vous êtes encore pris dans les filets de l’Eglise romaine, veuillez réfléchir aux versets suivants et en faire un sujet de prière, car Rome vous sépare de l’amour de Christ. “Qui nous séparera de l’amour de Christ ? Sera-ce la tribulation, ou l’angoisse, ou la persécution, ou la faim, ou la nudité, ou le péril, ou l’épée ? selon qu’il est écrit : c’est à cause de toi qu’on nous met à mort tout le jour, qu’on nous regarde comme des brebis destinées à la boucherie. Mais dans toutes ces choses nous sommes plus que vainqueurs par celui qui nous a aimés. Car j’ai l’assurance que ni la mort ni la vie, ni les anges ni les dominations, ni les choses présentes ni les choses à venir, ni les puissances, ni la hauteur ni la profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Christ Jésus notre Seigneur.” (Romains 8:35-39).

Dominic Stockford

Aujourd’hui, Dominic Stockford est pasteur et prédicateur à Christ Church, Teddington, au sud-ouest de Londres. Il s’agit d’une assemblée biblique, attachée à la vérité des Ecritures. Dominic Stockford est en relation avec d’autres serviteurs de Dieu en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, qui comme lui combattent le bon combat et s’opposent au ritualisme aussi bien qu’à l’œcuménisme non biblique. Dernièrement il a été accepté comme membre associé de la Fédération des Eglises Evangéliques Indépendantes. Lui et sa femme ont deux filles, et ils rendent grâces à Dieu pour toute Sa miséricorde envers eux. Si vous souhaitez prendre contact avec lui, son adresse e-mail est :  Dominic@FrancisStockford.fsnet.co.uk